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Début des souscriptions pour le mémorial Thomas Sankara

Le lancement officiel des souscriptions pour la construction du mémorial Thomas- Sankara est intervenu dans la soirée du lundi 2 octobre 2017, au stade Issouf-Joseph-Conombo, à Ouagadougou.  La cérémonie a été placée sous le parrainage du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, de l’ancien chef du Ghana, Jerry John Rawlings et du cinéaste éthiopien Haïlé Gerima.

 

Une date symbolique pour un évènement symbolique : le 2 octobre 1983 a été prononcé le Discours d’Orientation politique (DOP) par  le président Thomas Sankara. Trente- quatre ans après,  c’est le 2 octobre 2017 qui a été choisi par le Comité international Mémorial Thomas- Sankara (CIMTS) pour lancer officiellement les souscriptions populaires en vue de la construction de l’édifice en l’honneur du père de la Révolution burkinabè d’août 1983.

C’est dans l’enceinte du stade Issouf- Joseph-Conombo, à Ouagadougou,  que le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a donné le top de départ de la collecte de fonds pour la réalisation de l’initiative. Plusieurs personnalités venues du Burkina Faso, du Ghana, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Bénin, d’Ethiopie… ont pris part à la cérémonie.

Parmi elles, il y avait le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, le Haut représentant du chef de l’Etat, Chériff Sy, des présidents d’institutions, l’ancien président du Ghana, Jerry John Rawlings, l’ancien président de l’hémicycle ivoirien, Mamadou Coulibaly, le cinéaste éthiopien Haïlé Gérima, lauréat de l’Etalon d’or de Yennenga en 2009…

Après l’ouverture officielle des souscriptions par Roch marc Christian Kaboré et Jerry John Rawlings, le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, les membres du gouvernement et les présidents d’institutions ont aussi glissé leurs contributions dans l’urne dressée sur une estrade.

Bien avant cela, entre animation musicale et scènes humoristiques, des personnalités se sont succédé à la tribune pour expliquer le bien-fondé de l’initiative. Le président du CIMTS, le colonel-major à la retraite, Bernard Sanou, a déclaré que le projet de mémorial vise à restaurer les idéaux pour lesquels Thomas Sankara s’est battu. Le projet, a-t-il dit,  recèle à la fois des  enjeux politiques, populaires et culturels.

 

Au niveau  populaire, il a soutenu qu’il faudra dépasser tous les clivages pour se concentrer sur l’essentiel afin que le mémorial puisse voir le jour. Pour ce qui est du volet populaire, il a indiqué que le mémorial doit être accessible à tout le monde parce que Thomas Sankara était un homme du peuple et luttait pour son émancipation. Sur le plan culturel, l’œuvre devra servir de cadre d’éducation, de souvenir et d’éveil.

 

« Il était l’homme du peuple »

 

Le projet, a précisé M. Sanou,  nécessite beaucoup de moyens et c’est pourquoi il a demandé la mobilisation de tous où qu’ils soient  à apporter leur pierre. « Il était l’homme du peuple, de ce fait, tout projet pour la restauration de sa mémoire doit être populaire. C’est pourquoi nous invitons les Burkinabè  à mettre la main à la poche pour la réalisation de ce gigantesque projet à la mémoire de l’un des plus grands visionnaires et homme d’Etat que notre pays ait donné à l’Afrique et au monde », a souligné le colonel-major à la retraite, Bernard Sanou.

Il a rappelé que le projet de mémorial Thomas- Sankara est né de la volonté de fédérer plusieurs initiatives à travers le monde visant à honorer et à promouvoir la pensée politique et les actions de la Révolution burkinabè sous le leadership de Sankara. « Ce projet est porté par un groupe de la société civile africaine et internationale rassemblant des écrivains, des cinéastes, des compagnons de lutte, et de l’autre côté, l’Etat burkinabè qui le soutient et  l’appuie techniquement à travers plusieurs ministères », a-t-il laissé entendre.

Le président du CIMTS a informé que plusieurs modalités de mobilisations de ressources financières existent.

Il s’agit notamment des fiches de souscriptions, les virements sur les comptes bancaires, les mobiles money, etc.

 

Un message envoyé au monde en 2014

 

A sa suite, l’ancien président du Ghana, Jerry John Rawlings, ami de Thomas Sankara, a indiqué que sa présence au pays des Hommes intègres pour le lancement des souscriptions est le point culminant non seulement de l’effort du comité du projet mais aussi celui de chacun. « Il y a trois ans, l’effort collectif a repoussé les tentatives d’usurper le pouvoir et la volonté du peuple.

 

La force et la détermination du peuple sont venues à bout de l’oppression. Cela a pris des dizaines d’années pour que le peuple se lève pour affronter dans l’unité et la résolution des forces armées.

 

Alors que nous nous réunissons aujourd’hui pour le mémorial Thomas- Sankara, nous commérons aussi la mémoire de ceux qui  ont perdu la vie lors de ces journées difficiles d’octobre 2014 et septembre 2015 », a-t-il dit devant un public qui n’a cessé de l’ovationner.  Le pouvoir conquis par le peuple en 2014 est, selon lui, « une arme » qu’il doit utiliser à bon escient pour servir le bien.

A l’entendre, le message que le Burkina Faso a envoyé au monde en 2014 ne doit pas être galvaudé parce que  certains s’éloignent du but. Jerry John Rawlings a invité les Burkinabè à soutenir le projet de mémorial pour honorer la mémoire du père de la Révolution du 4- Août 1983 qui a prôné l’autosuffisance de son pays.

« Sankara était un leader qui inspirait parce qu’il travaillait en union avec le peuple pour avoir une politique agricole ambitieuse, pour promouvoir l’éducation, pour bien gérer les ressources économiques et lutter contre la désertification.

Pour moi, ces efforts doivent se poursuivre parce qu’il a planté la graine des évènements de 2014 », a-t-il confié. Roch Marc Christian Kaboré a remercié le président Rawlings et tous les panafricanistes qui ont pris part à l’évènement.

« Je pense qu’il est important que nous puissions reconnaître la valeur du père de la Révolution qui était un symbole de combativité. Et sa mémoire doit traverser les âges, le pays et les nations », a-t-il conclu.

source  AIB/ Karim BADOLO 

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