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Le fantôme de Salif Diallo plane sur l’exécutif

La disparition du président de l’Assemblée nationale recompose les dynamiques politiques dans le pays.
Analyse.

La mort soudaine de Salif Diallo, le 19 août, n’ouvre pas un boulevard aux partisans du président Roch Marc Christian Kaboré. Au contraire. Même disparu, l’ex-président de l’Assemblée nationale devrait continuer de peser durablement sur la vie politique burkinabè via les partisans installés dans toutes les couches politiques et institutionnelles du pays .

Une équation dont le chef de l’Etat devra tenir compte à l’approche du scrutin de 2020. Si Simon Compaoré, actuel vice-président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) créée par Diallo pour inquiéter l’ex-président Blaise Compaoré, devrait prendre la tête de cette formation, l’ancien maire d’Ouagadougou n’aura pas pour autant les coudées franches. Ce parti regroupant de nombreuses mouvances de la gauche burkinabè reste dominé par les partisans du président de l’Assemblée nationale disparu.

Ces derniers, tels le secrétaire exécutif Lassané Savadogo, le vice président chargé des relations extérieures Issa Dominique Konaté, le secrétaire chargé de l’organisation Maurice Bonanet, sans oublier Sakandé Alassane Bala, désigné comme le nouveau patron du Parlement, ne manqueront pas d’influer sur cette formation. La survie de ce jeune parti majoritaire résidera dans la capacité du chef de l’Etat à préserver les équilibres ethniques, religieux et régionaux lors de la redistribution des postes.

Simon Compaoré devra en outre éviter une chasse aux sorcières envers les fidèles de Diallo, lesquels n’hésiteront pas à rejoindre le Congrès pour la démocratie et le peuple (CDP), mais aussi le Nafa de Djibrill Bassolé voire l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré d’où Salif Diallo les avait délogés.

L’exécutif devra aussi ménager les susceptibilités de nombreux ministres proches de Diallo siégeant en force dans le gouvernement de Paul Kaba Thiéba à l’approche de 2020, tels Hadizatou Rosine Coulibaly (économie et finances), Smaila Ouédraogo (jeunesse), Jacob Ouédraogo (agriculture), Clément Sawadogo (fonction publique) ou encore Oumarou Idani (mines).

La lettre du Continent

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