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Zabré : El Hadj Barsa Sondé, abattu de 4 balles dans la tête par Koglweogo

L’information avait été publiée par un quotidien de la place. Des Koglweogo qui ont abattu un individu soupçonné de vol. Des proches du défunt se sont confiés à 226infos.net. La scène remonte au  jeudi 2 juin 2016. Ce jour-là, El Hadj Barsa Sondé quitte son village natal, Wanda, 35 kilomètres de Tenkodogo, et se rend  à Zabré. C’est là que, par effet de la transhumance, se trouvent les troupeaux d’animaux de El Hadj Barsa Sondé, gardés par des bergers et ses frères. Eleveur peulh, il dispose de plusieurs têtes dans la zone. Dans la même soirée de son arrivée à Zabré, disparaissent quelques têtes d’animaux. Force est de noter qu’une fois que des animaux appartenant à un éleveur disparaissent, il est de coutume que ce dernier se rende chez le délégué du village pour constater s’ils y sont ou pas. Si l’éleveur retrouve ses animaux, il doit s’acquitter d’une certaine amende pour servir de dommage et intérêts à l’agriculteur ou à toute autre personne victime des dégâts causés par ces animaux-là. C’est la règle établie entre agriculteurs et éleveurs dans la zone, nous explique un éleveur des lieux.

C’est ainsi que comme à son habitude, accompagné de cinq autres personnes, El Hadj Barsa Sondé entreprend d’aller aux nouvelles de ses animaux disparus auprès de leur délégué. Il est dix-neuf  (19) heures moins le quart. A quelques mètres de la cour du responsable du village, un premier coup d’arme à feu siffla. Il atteint Barsa Sondé. Les cinq autres crièrent : « Délégué, ne tire pas ! C’est El Hadj Barsa Sondé. Ne tire pas… ». Trois autres partirent. Quatre balles se logent dans la tête de Sondé qui s’écroule. Tel est le témoignage relaté par une proche de la famille Sondé, ayant requis l’anonymat, à 226infos.net. L’histoire ne s’arrête pas là.

Menotté malgré 4 balles dans la tête

Les cinq autres accompagnants sont maitrisés par les Koglweogo. Séance tenante, El Hadj Sondé et ses accompagnants sont accusés de vol. Précipitamment, le délégué, lui-même étant patron des Koglweogo se rend à la gendarmerie de Zabré et annonce avoir abattu un voleur et mis aux arrêts cinq autres. Quant à El Hadj, agonisant, il est transporté à l’hôpital par des habitants de Zabré accourus sur les lieux. C’est sans compter sur la volonté des Koglweogo. L’interdiction est faite au personnel soignant de l’hôpital de n’administrer aucun soin au blessé.  Les proches de Sondé accourus à l’hôpital son mis aux arrêts et ligotés par les éléments Koglweogo. Ils sont conduits à une destination inconnue. En ce qui concerne les soins à administrer au blessé, la justice de Tenkodogo intervient. Les Koglweogo finissent par céder. Mais, Sondé est déjà mourant et est transféré dans la même soirée à l’hôpital Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou.

El Hadj Barsa Sondé a succombé à l'hôpital Yalgado Ouédraogo
El Hadj Barsa Sondé a succombé à l’hôpital Yalgado Ouédraogo

Bien qu’ayant reçu quatre balles dans la tête, Sondé sera menotté par la gendarmerie étant donné que selon la version des Koglweogo auprès des gendarmes, il est un voleur. D’ailleurs un gendarme accompagnera le blessé et sa famille à Ouaga. A l’hôpital Yalgado, le blessé est admis aux urgences traumatologiques, toujours sous le poids des menottes. Sentant qu’il ne pourra survivre à ses blessures, l’agent de sécurité finira par céder sous la pression de la famille, qui exige que Sondé soit défait des menottes, afin de ne pas trépasser avec.

Le 4 juin, deux jours après s’être admis à Yalgado, le blessé succombe à ses blessures. « C’était vraiment inhumain. Si ce sont les Koglweogo qui ont tué Sondé, il faut ajouter que les gendarmes de Zabré y sont pour quelque chose. Comment menotter quelqu’un qui a reçu 4 balles dans la tête ? Comment transformer une victime en voleur. En réalité, on dirait que les gendarmes ont peur des Koglweogo. Eux tous connaissent Sondé. C’est lui (Ndlr ; le défunt) qui a toujours été victime de vol de son bétail à Zabré là-bas. Les Koglweogo ont même reconnu que ni Sondé ni ses accompagnants ne portaient d’armes. », n’en démord pas une parente du défunt ayant été à son chevet à l’hôpital jusqu’à ce qu’il trépasse. « Il (Ndlr ; Sondé) s’est débattu avec ses menottes. Il délirait, toujours avec ses menottes. Nous avons supplié le gendarme de le démenotter pour qu’il ne meure pas menotté. Nous tous savons qu’il allait mourir. C’est à ce moment que le gendarme a accepté d’enlever les menottes ». « Après la mort du frère, le gendarme s’est éclipsé, croyant qu’on allait lui faire du mal. Après il s’est approché et m’a dit : ‘‘comprenez-moi, on m’a envoyé en mission’’. Nous ne lui avons rien dit. Les gendarmes aussi sont des humains et tôt ou tard leurs actes se retourneront contre eux », critique la sœur du défunt.

« Mort des suites de maladie » ?

Le malade ayant succombé à ses blessures, il faut vite lui trouver un certificat de décès, dans la mesure où une action en justice sera entreprise. C’est le début d’un autre calvaire. A plusieurs reprises, la famille tente de rentrer en possession de la « constatation de décès », sans succès. C’est au bout de quatre tentatives auprès du service neurologique que le fameux papier est délivré et inscrit : « mort des suites de maladie ». La famille, très remontée contre les responsables du service neurologique exige qu’on souligne qu’il a succombé de ses blessures, car ayant été victime de tirs d’arme à feu. Après plusieurs tentatives, un autre papier lui est délivré et il y  inscrit : « mort des suites de traumatisme ». Bien que moins satisfaite, la famille dit se contenter de ladite note.

Par ailleurs, il faut souligner que le bourreau, le responsable Koglweogo de Zabré, circule toujours en toute impunité, foi de la famille de la victime. En plus d’être confrontée à la dure réalité de cohabiter avec l’assassin de leur parent, la famille est confrontée à une autre réalité non moins triste. El Hadj Barsa Sondé a laissé derrière lui une quinzaine d’enfants et surtout une dizaine d’orphelins venus d’autres familles dont il avait en charge de son vivant.

Pour que soient éclairées les circonstances de la mort de El Hadj Barsa Sondé, la famille a déposé une plainte au tribunal de grande instrance (TGI) de Tenkodogo. Tout de même, elle se dit être victime de pression de toute sorte pour retirer ladite plainte pour éviter de subir une seconde fois la colère des Koglweogo.

Constatation de décès numéro 1
Constatation de décès numéro 1
Constatation de décès numéro 2 obtenue après âpres tentatives
Constatation de décès numéro 2 obtenue après âpres tentatives de la famille du défunt.

Source: 226infos.net

2 commentaires

  1. Tout ca le MPP, sinon comment des individus peuvent se permettent de tuer des honnêtes citoyens sans que la ne bouge ses fesses. C’est un assemblage de braqueurs, de voleurs et d’assassins

  2. Ils ne l’emporteront pas au paradis. c’est eux même les voleurs. Et cette racaille de MPP qui s’occupe de futilité !!! Je suis écœurée

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