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Situation nationale : La coalition contre la vie chère donne sa lecture.

La coalition nationale de lutte contre la vie chère (CCVC), a animé le 12 avril 2016 à Ouagadougou une conférence de presse. À l’occasion, les conférenciers ont fait une analyse de la situation nationale et dégagé des perspectives de lutte dans le but de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs.

 

Cinq grands points touchant à l’actualité nationale ont été abordés par les conférenciers. Il s’agit de  l’aggravation de l’insécurité ; le maintien presqu’en l’état de certains dossiers judiciaires ; les révélations sur une gestion peu vertueuse de la transition par certains de ses acteurs et animateurs de premier rang ; les velléités de remise en cause de certains acquis sociaux et la présence des forces militaires étrangères au Burkina Faso.

Sur le premier point, la CCVC estime que : « l’État a failli et révèle aux yeux de tous, son incapacité à assumer sa mission régalienne de sécurisation des populations et de protection de leurs biens ». Des exemples ont été pris pour dépeindre les situations d’insécurité que vivent les populations sur l’ensemble du territoire national. Et pour le président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), Chrysogone Zougmoré, « Les causes de la naissance et du développement des groupes d’auto-défenses comme les Koglwéogo dans nos campagnes, sont principalement liées à cette situation sécuritaire dramatique, ainsi qu’à la faillite du système judiciaire qui n’inspire plus confiance aux populations, surtout en zones rurales ». L’UAS dit ne pas être contre l’existence des Koglwéogo, mais condamne cependant leurs dérives. Elle en appelle à un encadrement de ces groupes car « le phénomène est national et ne peut pas être arrêté à coup de lois ni de décrets ».

Des dossiers en justice, le constat de l’UAS est que « à ce jour, lumière n’a été faite ni sur le dossier des martyrs de l’insurrection, ni sur celui des victimes du coup d’Etat du 15 septembre 2015, ni sur les dossiers antérieurs de crimes de sang et de crimes économiques. Bien au contraire, l’on assiste à des libérations tous azimuts de détenus, sans la moindre explication ». Toute chose qui amène les syndicats a décréter « la faillite du système judiciaire » et à craindre que « Des auteurs de crimes de sang et de crimes économiques n’échappent définitivement à la justice et n’en viennent à narguer le peuple, pour leurs hauts faits de criminalité impunis ».

Vous avez révélé à l’opinion (la presse), des procédures d’acquisition indécentes de parcelles à Ouaga 2000 par d’ex- dirigeants de la transition, dont l’ex Premier ministre Yacouba Isaac Zida, certains membres de son gouvernement et certains leaders d’OSC l’ayant soutenu pour sa prise du pouvoir. À cela s’ajoutent des révélations sur des bonus de plusieurs millions de F CFA que les membres du gouvernement de la transition se seraient octroyés à la fin de leurs mandats, ainsi que les opérations présumées de blanchiment d’argent à hauteur de dizaines de milliards de F CFA, qui pourraient impliquer non seulement les gestionnaires de la transition, mais également d’autres acteurs du pouvoir de la 4ème République, y compris des animateurs ou proches du pouvoir actuel ». Pour la CCVC, il faut urgemment faire la lumière sur toutes ses affaires louches sans considération aucune.

Le CCVC constate la cherté de la vie : « Plus de trois mois après l’arrivée du MPP au pouvoir, la situation sociale des populations n’a guère connu d’amélioration. Les prix des produits de première nécessité (riz, sucre, huile, carburant…) restent hors de portée de la grande majorité des populations, tandis que l’on assiste à des tentatives de remise en cause des acquis des travailleurs, notamment dans la mise en application de la loi 081. Plutôt que d’apporter des réponses claires aux préoccupations des travailleurs, le chef de l’Etat, lui-même, sur un ton polémique, dira que le budget de l’État ne concerne pas que les fonctionnaires, tentant ainsi d’opposer les fonctionnaires à la grande masse de nos populations ». Et les syndicats de dénoncer la mauvaise foi ou l’ignorance des réalités du pays par les autorités dont le Président du Faso en premier. Ils réfutent d’ailleurs la version du Président qui dit qu’aucun ministre n’a touché le moindre salaire depuis leur prise de fonction. Les syndicats disent détenir des preuves d’émargement de ministres et menacent de mettre le REN-LAC à contribution pour faire la lumière si les autorités persistent dans cette posture.

De la présence des forces militaires étrangères au Burkina Faso, les exemples de la France et des États-Unis ont été pris : « Le Burkina Faso constitue pour la France une plateforme stratégique pour ses opérations militaires dans la sous-région Ouest-africaine, avec l’installation d’éléments du Commandement des Opérations Spéciales (COS) composés de centaines de militaires. De même, les États-Unis d’Amérique disposent, dans notre pays, d’une base d’écoute et de surveillance. Sous le prétexte de lutter contre le terrorisme, cette présence militaire pourrait constituer des instruments de domination et d’agression contre notre peuple et viser à protéger les intérêts économiques et géopolitiques des puissances étrangères… ». C’est pourquoi l’UAS s’est dite vigilante, surtout qu’il est question de la présence du GIGN (groupement d’intervention de la gendarmerie nationale) française au Burkina Faso. Les syndicats ne font pas confiance pour ce qui est du chiffre de deux éléments présents au Burkina Faso, alors qu’il était au début question d’un bataillon.Les conférenciers ont tenu à avertir que la question foncière, « Une bombe à retardement pour le Burkina Faso » et ont donc appelé les autorités à prendre le problème à bras le corps. Bassolma Bazié l’autre intervenant du jour, a informé la presse de la tenue le vendredi 15 avril prochain d’une assemblée générale de la CCVC à la Bourse du travail. Il s’agira d’analyser les réponses du gouvernement à la plateforme revendicative des travailleurs et de dégager la conduite à tenir. Une autre conférence de presse sera animée par les syndicats le mardi suivant pour informer l’opinion et l’ensemble des travailleurs des décisions arrêtées.

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